Les peintures à l'huile d'andré hambourg

Les portraits

Quand j’avais vingt ans, je rencontrais parfois André Derain au Louvre ; en voyant mes tableaux exposés galerie Zak, il m’a mis en garde : « ça devrait marcher, mais vous allez entendre toutes sortes de bêtises ; on vous dira, Vous êtes un peintre de figures, à moins que ce ne soit de paysages ou de natures mortes. Laissez-les dire et répondez toujours oui. »

J’ai souvent pensé au conseil de Derain et je l’ai toujours mis en application.

André Hambourg

André Hambourg a beaucoup peint de portraits. Ce que semble contredire le peu de numéros figurant à l’inventaire du catalogue raisonné.

Une des raisons essentielles est que le peintre était sollicité par de nombreux amateurs qui souhaitaient avoir leur portrait ou celui d’un être cher.

Beaucoup de ces portraits étaient peints à l’huile sur papier. Leur fragilité a contribué à menacer leur conservation. Ils sont souvent restés dans les familles à l’abri du regard du public. Ces portraits sont enlevés, parfois la figure est travaillée seule, dans l’esprit d’une esquisse.

Le portrait est chez lui, ponctuel, lié à des rencontres, à des connaissances.

Ce sont d’abord ses proches, son épouse Nicole, dont il brosse le visage, la silhouette en se réservant de la mettre en scène dans ses compositions. Il y a les portraits de voisins, d’ami(e)s, ceux de familiers comme Antoine, le gardien du monastère Saint-Paul à Saint-Rémy ou encore les portraits de personnalités comme le professeur Lépine et le docteur Vaisman dans leur laboratoire à l’Institut Pasteur.

Peints spontanément, esquissés ou laissés à l’état d’étude, dans une sorte de fa presto à la Fragonard du XXe siècle, ses modèles gardent la fraîcheur et la vitalité de sa première vision.