Biographie de André Hambourg

 

André Hambourg est né à Paris, le 4 mai 1909 au 58 boulevard du Port Royal; il est le fils cadet de Maurice Hambourg, pharmacien, et de Esther Lévy.

 Il grandit dans une ambiance chaleureuse et sous la conduite de sa mère, effectue des promenades quotidiennes dans les jardins du Luxembourg. Il se souvient « J’avais cinq ou six ans, , quand j’ai dessiné pour la première fois le lion du sculpteur Jules Cain, ce fut une sorte de signal »

 A douze ans, il entre au lycée Montaigne où il se distingue en français et en dessin. Il intègre Louis-le-Grand, en classe de quatrième et étonne son professeur, Monsieur Poselet, par ses croquis qui rompent avec les trop conventionnels modèles proposés aux collégiens. Il s’enhardit et montre ses premières aquarelles peintes sur le motif, mettant en scène un chapiteau de cirque ou les allées du jardin Luxembourg.

Délaissant sa préparation au bac, il suit des cours de modelage à l’école de la Ville de Paris puis se présente à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs où il est reçu, section sculpture.

Pendant une année, il cumule les deux enseignements, celui de Louis-le-Grand et celui de l’atelier du sculpteur Niclausse.

A dix huit ans, il entre aux Beaux Arts, section peinture, dans l’atelier de Lucien Simon, dès 1927 il participe aux principaux Salons comme celui des Tuileries ou celui des Indépendants. En 1930 une exposition lui est déjà consacrée par Henri Bénézit à Paris….

Lauréat du prix de la villa Abd el Tif en 1933, il séjourne dix ans en Afrique du Nord et voyage à travers le Maroc et l’Algérie. La guerre l’y surprend et il devint, en 1939, correspondant de guerre, ses articles et dessins se succèdent jusqu’en fin 1945 notamment auprès du Journal des Armées Combattant 44. Il rejoint la 1ere Armée Française, commandée par le Général de Lattre de Tassigny, qui le mena jusqu’au nid d’aigle d’Hilter à Berchtesgaden.

Les combats terminés et de retour en France, il découvre Honfleur. De la lieutenance, il se rend fréquemment jusqu’au vieux phare et place son chevalet au pied d’une belle maison « les Embruns ». Elle appartient au Docteur Marcel Rachet qui est passionné de peinture. Son père a été l’ami d’Alphonse Allais, de Delarue-Mardrus et il a soigné Eugene Boudin. Le Docteur Rachet et sa femme Suzanne, galeriste , née Doucet, s’intéressent à ce peintre qui propose une vision différente de la Normandie. Ils effectuent de fréquentes stations auprès du chevalet de l’artiste, souvent accompagnés de leur fille Nicole.

Invité chez les Rachet, André Hambourg découvre en Nicole une âme d’artiste; elle joue du piano et possède une belle voix légère de soprano. Elle chante professionnellement l’opérette depuis qu’elle a passé son droit et terminé son école de librairie.

Elle enregistre des œuvres de Michel Vaucaire, entre les tournées effectuées avec la troupe de Jean Nohain, dont elle est, à la radio et dans de nombreux galas, l’une des animatrices.

Le doux sentiment qui naît entre la jeune femme et le peintre scelle l’avenir d’André Hambourg qui l’épouse en 1948. Maintes fois, elle sera le modèle que l’artiste représente et contribuera par sa présence discrète mais fondamentale à la carrière de son mari, compréhensive au-delà de ses intérêts, de sa propre carrière d’artiste.

Peintre officiel en 1952 puis Titulaire du Ministère de la Marine, André Hambourg effectua plusieurs tours du Monde à bord du porte hélicoptère « La Jeanne d’Arc » . La variété des destinations lui donna l’occasion de ramener de ses voyages de nombreuses peintures et dessins. (Amérique du Nord, Maghreb, Afrique, Asie, URSS…).

En 1962, André et Nicole achètent la ferme de « la Thillaye » dans le hameau d’Englesqueville en Auge; l’artiste y installa un de ses ateliers dans un ancien pressoir où il travaille dans la quiétude de la campagne environnante. La proximité avec les villes de Deauville, Trouville et Honfleur lui laissa la possibilité de peindre leurs plages et bateaux.

En 1976 André Hambourg installa un nouvel atelier à Saint Rémy de Provence, au milieu d’une oliveraie peinte par Vincent Van Gogh depuis le cloître Saint Paul où il était interné.

De retour de ses voyages, l’artiste partage sa vie entre son atelier de Saint Rémy de Provence et celui d’Englesqueville en Auge.

Peintre, dessinateur, graveur, lithographe, auteur d’illustrations d’ouvrages de bibliophilie et de grandes décorations murales, ses expositions se succèdent dans les galeries et musées, en France et à l’étranger.

Grand Officier de l’Ordre National du Mérite, Commandeur de la Légion d’Honneur et Commandeur des Arts et des Lettres, André Hambourg décède à son domicile parisien en 1999.

Nicole Hambourg continua, après son départ, à préserver et faire connaitre l’oeuvre de son mari notamment grace à une importante donation à la ville de Deauville qui permit la création du musée André Hambourg aux Franciscaines.

Elle rejoint son mari en 2020 et ils reposent, auprès de leur fils Arthur, au cimetière Sainte-Catherine à Honfleur.

Le Fonds de Dotation André-Nicole Hambourg a le plaisir de mettre à votre disposition un document exceptionnel: “La petite Arlésienne chantée par Nicole Hambourg en 1952”, afin de partager et préserver l’héritage artistique de cette dernière.

Cliquez ci-dessous pour écouter :
La petite Arlésienne
Biographie Linéaire d'André Hambourg
André Hambourg 1929
1909 :
André Hambourg voit le jour le 5 mai à Paris.
1925 :
Il suit les cours du sculpteur Paul Niclausse à l'École des arts décoratifs.
1927 :
Il abandonne ses études classiques et entre à l'École nationale des beaux-arts (atelier Lucien Simon).
1928 :
Il expose à la galerie du Taureau, à Paris.
1930 :
Il découvre la Bretagne et le sud de la France.
1931 :
Il rencontre Derain.
1932 :
La galerie Zak devient son marchand à Paris.
1933 :
Il est lauréat du prix de La Villa Abd-el-Tif, à Alger. Il voyage en Hollande et s'installe en Algérie.
1936 :
Il effectue son service militaire en Algérie.
1937-1938 :
Il séjourne pour la première fois à Honfleur et voyage à travers l'Algérie et le Maroc.
1939-1942 :
Mobilisé au Maroc, il est démobilisé en 1940. Il se rend en métropole puis retourne en Algérie.
1943-1945 :
Il exerce comme rédacteur-dessinateur-reporter à Combattant 43, puis à Combattant 44. Il participe en tant que correspondant de guerre aux campagnes de France et d'Allemagne avec la 1ère Armée.
1947 :
Il fait son premier voyage à Londres, séjourne à Honfleur puis à Saint-Rémy, où il sauve le champ d'oliviers peint par Van Gogh. Première mission en mer à bord du Richelieu.
1948 :
Il rencontre à Honfleur Nicole Rachet et l'épouse.
1949 :
Il découvre Deauville. Les premières années, André Hambourg pose son chevalet sur le sable ou, comme Eugène Boudin, sur la digue. Il aime aussi s'installer à la pointe de La Douane, au bout de la presqu'île.
« La lumière de Deauville n'est pas la même que celle de Trouville, car les deux plages sont exposées différemment, l'une est plus tournée vers l'ouest et l'autre plus au sud, c'est pour ça que l'on n'y peint pas aux mêmes heures. »
1949-1950 :
Il décore la suite « Normandie » du paquebot Liberté (Compagnie Générale Transatlantique).
1951 :
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur.
1952 :
Il est nommé peintre officiel de la Marine, organise le stand des arts plastiques à la Kermesse aux Étoiles, au profit de la 2ème DB et de la Maison des Artistes.
1954 :
Son fils Pierre Arthur voit le jour.
1955 :
Premier séjour à Mougins.
1957 :
Il séjourne à Venise. Il est décorateur à bord du paquebot Ville de Bordeaux (C.G.T) et s'occupe du décor (380 m²) du gala « Printemps Normand » au casino de Cannes.
1960 :
Il est élevé au grade d'Officier de la Légion d'honneur par André Malraux. Séjour à Venise et rétrospective à la galerie du Péristyle de Deauville.
1961 :
Paul Pétridès devient son marchand pour la France. Il réalise le panneau décoratif de la suite « Normandie » du France (C.G.T).
1962 :
Il s'installe à la ferme de « La Thillaye », à Englesqueville-en-Auge.
1963 :
Wally Findlay devient son marchand pour les États-Unis.
1964 :
Il organise la 1ère biennale de peinture figurative de Trouville.
1966 :
Il voyage au Maroc et en Grande-Bretagne.
1967 :
Premier voyage en Israël.
1968 :
Il est nommé premier conseiller artistique de la ville de Trouville-sur-Mer et séjourne à Venise.
1970-1971 :
Il se rend en Israël, à Moscou, en Angleterre, en Écosse et en Côte d'Ivoire.
1972 :
Il séjourne en Côte d'Ivoire et se rend aux États-Unis. Il réalise la décoration monumentale (602 m²) de la Salle d'Audience de la Cour de justice des Communautés européennes au Luxembourg.
1975 :
Il séjourne en Côte d'Ivoire et crée 5 mosaïques pour 3 établissements scolaires de Deauville (le lycée André Maurois) et de Trouville (l'école Hans Christian Andersen et le collège Charles Mozin).
1976 :
Il installe un atelier à Saint-Rémy, parmi les oliviers peints par Van Gogh.
1978 :
Il effectue un long périple aux États-Unis et au Mexique.
1979 :
La salle André Hambourg est inaugurée au musée de Trouville suite à une donation de l'artiste. Voyage aux États-Unis.
1980 :
Son fils décède.
1981 :
Il est invité par le ministère de la Défense à assister aux fêtes du bicentenaire des États-Unis, à Yorktown, et à la rencontre des présidents Reagan et Mitterrand. Séjour à Venise.
1982 :
Une exposition particulière, Hommage à André Hambourg, lui est consacrée à la galerie Apestéguy de Deauville. André Hambourg loue pour la première fois la cabine 181, sur les planches. Il la transforme en annexe de son atelier et s'y rend chaque année, hiver comme été, durant plus de 15 ans.
1983-1984 :
Il est en mission à bord du Commandant Bourdais et de la Jeanne d'Arc : Abidjan, Sainte-Hélène, Rio, Fort-de-France, les Saintes, Pointe-à-Pitre, Saint-Barthélemy, Porto Rico.
1984-1985 :
À bord de la Jeanne d'Arc, il se rend à Papeete, Bora-Bora, Nouméa, Tokyo, Hong Kong, Djibouti, Aqaba, Port-Saïd, Alexandrie, Alger et Brest.
1986 :
Il est de la campagne « Statue de la Liberté » à bord de la Jeanne d'Arc. Promu au grade de Commandeur des Arts et des Lettres et élevé au grade de Commandeur de la Légion d'honneur par F. Mitterrand.
1988 :
L'étage consacré à la donation Hambourg-Rachet est inauguré au musée Eugène Boudin d'Honfleur.
1993 :
Il est nommé président d'honneur de la Fête des Marins à Honfleur.
1995 :
Une rétrospective lui est consacrée à la galerie Apestéguy.
1997 :
L'exposition particulière André Hambourg et son pays d'Auge est montée à la galerie Apestéguy.
1999 :
Ses amis fêtent avec lui son 90ème anniversaire à Venise. Il décède à Paris, le 4 décembre, et est inhumé au cimetière Sainte-Catherine à Honfleur.
2006 :
Selon le vœu de son épouse, Madame Nicole Hambourg fait don au Musée national de la Marine d'un ensemble d'œuvres d'inspiration maritime.
2009 :
Donation à la Cour de justice des Communautés européennes des dessins préparatoires à la réalisation des 6 grands panneaux ornant la Grande Salle d'Audience du Palais.
2010 :
À l'occasion du 10ème anniversaire de sa disparition et du centenaire de sa naissance, une plaque est posée sur la cabine 181, devenue la « cabine André Hambourg », reproduction d'une de ses toiles faisant face au paysage qui l'a inspiré.
2011 :
Donation à la ville de Deauville de 538 huiles sur toile et de plus de 1500 dessins d'André Hambourg par son épouse, ainsi que de la collection d'œuvres d'art du couple, comptant plus de 1200 œuvres (dont L. Foujita, Marie Laurencin, M. Utrillo ou K. van Dongen).
2020 :
Nicole Hambourg rejoint son mari et ils reposent, auprès de leur fils Arthur, au cimetière Sainte-Catherine à Honfleur.

Nicole Hambourg a dit de son mari :

« Il me semble que l’œuvre et l’homme sont inséparables. André était habité par son art. La nature et tous ses phénomènes étaient pour lui source de joie et d’inspiration. Il avait besoin de respirer largement : il supportait difficilement les cravates!

André Hambourg voulait aspirer la vie et communiquer son enthousiasme. Tout cela se retrouve dans sa peinture, une œuvre essentiellement vivante comme lui. »

André et Nicole Hambourg à la plage
André et Nicole Hambourg à la plage

Questionnaire de Marcel Proust

Dans cette vie mouvementée n’apparaît pas cependant la face cachée de l’homme. On a envie d’en savoir davantage et d’user d’une forme d’indiscrétion, que Marcel Proust utilisa souvent auprès de ses visiteurs et notamment avec les peintres qu’il aimait.

Le fameux questionnaire nous aide ainsi à mieux connaître la personnalité de l’artiste :

Quel est le principal trait de votre caractère ?

« Essayer d’être honnête et sincère »

La qualité que vous préférez chez l’homme ?

« La sincérité et la bonté »

Chez la femme ?

« La bonté, plus que la sincérité »

Votre principal défaut ?

« Je suis trop soupe au lait, j’explose souvent, mais j’oublie tout de suite »

Votre occupation préférée ?

« Peindre ; je n’ai que cette occupation dans la vie »

 Qui auriez vous aimé être ?

« Moi-même, plus jeune en ce moment »

Quel serait votre plus grand malheur ?

« Ma femme et moi l’avons connu. Je ne peux pas répondre »

Où aimeriez vous vivre ?

« Je pourrais vivre toute l’année en Normandie, Saint-Rémy-de-Provence et Venise ; à Paris aussi, mais on n’y est jamais libre. A New York également, mais à de plus courtes périodes »

Quel est votre couleur préférée ?

« Le bleu (le ciel) et le rouge (le sang, qui est la vie) »

Votre fleur préférée ?

« Les plus humbles : le coquelicot, le bleuet, la marguerite »

 Votre auteur préféré en prose ?

« Ils sont nombreux : ceux qui me font oublier quand je lis et qui me rendent heureux »

Vos poètes favoris ?

« Pour la période contemporaine, Robert Desnos et Michel Vaucaire »

Votre peintre favori ?

« De Rembrandt à Bonnard, en pensant à tous ceux qui sont sensibles et sincères »

Votre musicien préféré ?

« Bach et les musiciens français du XVIIIe siècle, à commencer par Rameau »

Quel est pour vous le comble de la misère humaine ?

« La souffrance des gens qui n’ont rien. Certaines maladies apparues récemment : ceux qui en sont frappés savent qu’ils vont mourir »

 Que détestez vous par-dessus tout ?

« La mauvaise fois »

Votre vertu préférée ?

« La franchise »

 Quel est votre héros favori dans la fiction ?

« L’homme libre dans la nature : l’homme de Jean-Jacques Rousseau »

Votre personnage historique favori ?

« Louise Michel, Marie Curie, Mère Theresa »

Le personnage historique que vous méprisez le plus ?

« Mépris n’est pas assez fort : que je hais ? Hitler. Mais j’ai presque pitié de lui ; il était fou et il aurait fallu l’enfermer »

Le fait militaire que vous admirez le plus ?

« La Libération, car c’est un fait militaire…. et civil »

La réforme que vous admirez le plus ?

« Les congés payés de 1946 ; j’ai observé les gens qui voyaient la mer pour la première fois ; certains disaient : « Maintenant je peux mourir » »

 Quel est le don de la nature que vous aimeriez avoir ?

« Celui de peindre, encore plus développé »

Comment aimeriez vous mourir ?

« Lâchement, en dormant »

Votre devise ?

« Faire aimer la vie »

 Faire aimer la vie…. Le mot est lâché, sans affectation, mais avec conviction.

En dépit des évènements dramatiques qui ont jalonné son existence, André Hambourg répète souvent cette phrase.

André Hambourg à la mer
André Hambourg peignant à la plage de Deauville devant la cabine qu'il louait et qui porte désormais son nom

Il est tout à fait impossible de classer André Hambourg dans une école artistique quelconque. Son talent, comme sa personnalité, sont si nuancés qu’il est vain de l’apparenter à telle ou telle chapelle, à tel ou tel groupe.

Il est lui-même. Cela lui suffit et cela nous suffit

Jacques Pougherol Inspecteur des Musées Contrôlés

Des commandes et achats de l’État ainsi que des donations faites par André et Nicole Hambourg ont permis à l’artiste d’être présent dans de nombreuses collections publiques :

Musée André Hambourg à Deauville

Lycée André Maurois, Deauville :

Musée national d’Art moderne-Centre Georges Pompidou, Paris

Musée Carnavalet, Paris

Musée d’Histoire contemporaine, les Invalides, Paris

Musée de la Marine, Paris

Hôtel de ville de Paris et plusieurs Mairies

Musée des Beaux-Art, Alger

Maison Blanche, Washington

Richard Smart Museum, Honolulu

Dimora Museum, Tel Aviv

Cour de justice des Communautés européennes, Luxembourg

Musée de Berchtesgaden, Allemagne

Villa Montebello, musée de Trouville

Collège Charles Mozin, Trouville

Ecole Christian-Andersen, Trouville

Musée de Caen

Mémorial de Caen

Musée de Calais

Musée de Granville

Musée Eugène Boudin, Honfleur

Musée de Montbard

Musée de Poitiers

Fonds national d’art contemporain, Puteaux

Musée de Pau

Musée de la Marine de Seine, Caudebec-en-Caux

Musée de Roubaix

Musée de Thiers

Musée de Saint Quentin

Musée de Vire