Les peintures à l'huile d'andré hambourg

La Guerre

La première des qualités d’André Hambourg réside dans la sensualité de son art. Le monde, il le peint comme une chair et parler de la carnation de ses œuvres serait assez juste. Ses vues de Tanger nous offrent un aspect du talent de cet artiste : une attention précise, méticuleuse, amoureuse envers les éléments d’un paysage

Max-Pol Fouchet, L’Echo d’Alger 1943

1944 André Hambourg correspondant de Guerre
1944 André Hambourg correspondant de Guerre

Prémonitoire, Civilisation 37 est un cri silencieux face à l’horreur grandissante. La guerre d’Espagne sème la mort. La peinture est un recours pour dénoncer la folie humaine comme l’a fait Goya, et la même année Picasso avec Guernica.

 

Au Salon d’Automne 1937, André Hambourg expose cette toile qui fige dans la douleur éternelle, un père aveugle portant sa fillette morte dans les bombardements de la ville, représentée à l’arrière plan dans ses ruines encore fumantes, accompagné de son jeune fils. La toile choque. L’artiste peint puissamment sa composition empreinte de classicisme d’une efficacité expressive qui la rend d’autant plus bouleversante.

Le 3 septembre 1939, lorsque la guerre est déclarée, André Hambourg est au Maroc où il séjourne depuis 1938 en charge d’une Mission de la Résidence. Il est mobilisé à Casablanca au Service géographique des Armées d’Afrique avec le peintre Eddy Legrand.

Démobilisé en août 1940, André Hambourg fait des allers-retours entre la Métropole et l’Afrique du Nord.

En 1943, alors qu’il est à Alger en attente d’organiser la section de camouflage d’armée, il est requis par le régiment de génie. Réclamé par le colonel Raoul Salon, André Hambourg est affecté au 2ième bureau oû il devient rédacteur, dessinateur, reporter au journal Combattant 43. Il adopte le pseudonyme de André Hache.

Pendant deux ans, André Hambourg exercera ses activités de dessinateur et reporter de guerre, mettant son art au service de son double engagement, celui de l’homme et celui du peintre, en témoignant de l’actualité avec des articles et des dessins pour Combattant 44, le Bulletin des Armées de la République, Combat, Alger Républicain, Fraternité, Toujours.

Le dessin est un deuxième souffle. Irremplaçable pour saisir l’instant, et donc la vie.

Il n’a jamais délaissé la peinture. Elle est la vie, et l’espoir. Le chapitre sur le Maghreb en fait la démonstration avec un important corpus dont la diversité des thèmes témoigne de l’activité féconde du peintre qui multiplie les expositions à Alger, Oran et Tunis.

Atypiques sont les quelques portraits mystérieux de personnages masqués, avec lesquels André Hambourg, tout en renouant avec la comedia dell’arte, dispense un message troublant : la vie est un songe semble dire chacun des protagonistes. Contemporaines, les vues du port de Marseille avec son fameux pont transbordeur sont peintes d’un pinceau alerte dans une manière vibrante et rayonnante d’une lumière qui va incarner toute sa peinture.

André Hambourg accumule les reportages illustrés, notamment lors de ses missions sur des navires de combat en liaison avec le Commissariat à la Marine. Le jeune peintre noue des liens avec la Marine, qui se révéleront indéfectibles.

Nommé correspondant de guerre le 12 décembre 1944 il est accrédité auprès du GQG interallié (SHAPE) quatre jours plus tard. Il est de retour à Paris à la fin de l’année.

L’année qui vient de s’écouler a connu la disparition de son frère le Docteur Charles Hambourg, Mort pour la France.

1937 Civilisation André Hambourg dans son atelier
1937 André Hambourg peignant Civilisation 37

L’année 1945 resserre l’action d’André Hambourg sur le plan militaire. Il rejoint la 1ere Armée et participe aux opérations des Vosges et d’Alsace. Au mois d’avril il assiste à la traversée du Rhin, à la prise de Karlsruhe et à celle de Stuttgart, puis suit les opérations de Sigmaringen, celles du Danube et dans le Vorarlberg. En juillet, il suit les opérations en Autriche, entre à Vienne, puis c’est Innsbruck, Constance, Salzbourg, et Berchtesgaden où une nouvelle mission le rappelle en septembre.

 

L’artiste rapporte plus de 100 peintures et des dessins qui serviront pour l’ouvrage qu’il publiera en 1947 et offrira au Général de Gaulle Berchtesgaden Party complété par D’Alger à Berchtesgaden.

 

Le musée de Berchtesgaden conserve ces deux ouvrages offerts par Nicole Hambourg, la veuve du peintre.