Les peintures à l'huile d'andré hambourg
Jérusalem
D’une colline à l’autre la route monte et descend. Ainsi le ciel n’est jamais au-dessus des têtes. Il est à droite, à gauche, plus bas serpentant comme un ruisseau s’étalant tout à coup en étendues si vastes qu’on dirait une plaine bleue qui nous enveloppe de sa tendresse
Joseph Kessel, ami d’André Hambourg
C’est avec une émotion particulière qu’André Hambourg entre en terre d’Israël une première fois en 1967 pour illustrer Terre d’Amour et de feu de son ami Joseph Kessel.
Il y retourne l’hiver 1970 et effectuera un troisième voyage au printemps 1971. Comme tout pèlerin arrivant en Terre Sainte, la rencontre entre le passé et le présent annihile tout pittoresque pour une expérience vécue selon chacun avec une intensité intemporelle.
La vérité est là, à portée des yeux, du cœur, et pour le peintre confronté aux sites bibliques, son témoignage est celui d’un homme de son temps.
Un temps pris en tenaille, un temps renversé et projeté depuis les récits de la Bible et les Evangiles, depuis les croisades et la prise de Jérusalem par les croisés, les villes conquises et la création de l’Etat d’Israël jusqu’à la guerre des six jours.
Voyageur, témoin, peintre voyageur pétri d’une histoire trois fois sainte, qui n’en finit pas de dérouler ses évocations mémorielles tel un phylactère, il peint le Mur, à toutes les heures et surtout le soir, alors que les projecteurs s’illuminent.
André Hambourg peut reprendre à son compte la proclamation de Joseph Kessel « Dieu par deux fois, a parlé de ces rochers déserts, sur ces fécondes collines ».
Jérusalem lui inspire de nombreux tableaux.
Ville de pierres et de prières Jérusalem la vieille et jeune cité
Tu m’apparais telle que mes rêves Et mes maîtres t’avaient dépeinte
Ce poème d’Anoma Kanié, repris dans le catalogue de l’exposition Hambourg au musée de la Marine en 1977, exprime la ferveur qui étreint celui qui découvre après avoir franchi les remparts par la Porte de Jaffa, la capitale éternelle.
Elle révèle ses quartiers, ses ruelles débouchant sur le Mur des Lamentations, sur l’esplanade du Dôme et la mosquée du Roc. L’éblouissement est constant. L’or des coupoles répond aux pierres roses, et à l’éclat du ciel bleu. La magie lumineuse exerce tous ses pouvoirs sur le regard de cet amoureux des ciels normands. De sa chambre d’hôtel du Roi David, se déploie un panorama ponctué de plusieurs monts, dont le Mont Moab qui ferme l’horizon.
La touche, alerte, fluide, s’empare de détails parcellisés pour écrire la foule, fervente, suggérer l’empressement de personnages lilliputiens. Des touches élargies reconstruisent à partir de coups de pinceau plus denses la vision forte d’un moment vécu dans une lumière passagère mais éternelle.