Les peintures à l'huile d'andré hambourg

Grèves et Ports

Il y a des peintres paysagistes, qui commencent à peindre un tableau le matin et qui ne lâchent plus jusqu’au soir. Lorsque la lumière change, ils trouvent un arrangement avec le ciel. C’est une manière commode de peindre mais elle ne me convient pas, surtout dans cet endroit où la lumière change sans arrêt. Dès que la lumière et le ciel changent d’une façon notable, j’abandonne ma toile et j’en commence une autre. Il suffit d’avoir la patience d’attendre.

Si j’arrive un matin et que l’éclairage est le même que celui d’un tableau commencé la veille ou plusieurs jours auparavant, je me dis « chic ! » et je reprends le tableau.

André Hambourg

André Hambourg par le photographe Wallard
André Hambourg par le photographe Wallard

Le sujet convoque l’eau et le ciel et stimule l’imagination. Le port est une invitation au voyage. Pour celui qui s’est attaché à la côte normande et embarqué régulièrement sur les bâtiments de la Marine nationale, les bateaux et tout ce qui participe de la navigation suscitent son intérêt.

C’est en 1928, l’année de sa première exposition particulière, galerie du Taureau à Paris qu’il découvre la mer, en Normandie, premier rendez-vous prémonitoire.

En 1929, invité par le peintre André Favory à La Cadière d’Azur dans le Var, il peint le Port de Toulon. En 1930 à Audierne il retrouve son ami le peintre américain Paul Ullman et peint La bénédiction de la mer, brossée comme une esquisse, des barques et un cimetière de bateaux. A Etretat en 1931, les célèbres falaises donnent un décor grandiose aux embarcations. A cette époque, ce thème reste isolé parmi celui des rues de Paris et des natures mortes.

En 1946, autorisé à partir pour l’Afrique du Nord pour présenter ses œuvres récentes à Alger avec son ami le sculpteur et peintre Bizette-Linder, il s’attarde à Marseille dont il fait plusieurs portraits du port et de la rade. Dix ans plus tard, c’est le port de Cannes et celui du Suquet, avec l’animation des voiliers qui le séduisent.

Du Havre, il retient les structures des grues qui charpentent sa composition. Proche de Trouville-Deauville, Luc-sur-Mer et sa plage familiale sont le cadre de joies estivales.

La pêche aux moules est l’occasion de représenter avec virtuosité les silhouettes des pêcheurs entre les grands espaces du ciel et de la plage à marée basse, de développer toutes les ressources de sa palette.

Les touches décrivent chaque détail et introduisent le mouvement dans la couleur qui raconte.

De chaque lieu, il tire parti de la situation géographique pour des effets de lumière propres à servir son art. La transposition visuelle est l’enjeu de captations atmosphériques toujours nouvelles. A Quillebeuf, à Bordeaux avec l’estuaire de la Gironde, à Arcachon, au Mont Saint-Michel, le peintre nous restitue un morceau de nature sous ses lumières bien spécifiques.