Les peintures à l'huile d'andré hambourg

Équitation

Il obtient le mouvement et la vie par la juxtaposition des taches colorées. Ces taches dominent dans ses études où il a fixé avec tact et élégance le mariage de l’homme et du cheval, entre le sol qui prend mille tons suivant l’heure et le ciel, dont les nuages semblent parfois se livrer eux aussi à d’étonnantes chevauchées

René Barotte dans Plaisir de France

Les chevaux dans la peinture d’André Hambourg ne sont pas ceux de Géricault ni de Delacroix. Sur fond de guerre napoléonienne et d’orientalisme, le cheval représente pour ces deux grands maîtres de la peinture française un relais mythique dans une tradition picturale qui s’émancipe du classicisme pour conquérir la modernité.

Homme de son temps, André Hambourg s’attache à la saisie immédiate de l’instant. Le geste aguerri, il transcrit ce que l’œil enregistre. Grâce à la pratique quotidienne du dessin, il retrouve avec le pinceau une gestuelle rapide d’une précision toute frémissante de vie, et de vérité dans la narration.

Comme toujours, le chevalet posé devant le motif, il enregistre les moindres détails d’une scène qui le séduit, prête à prendre réalité des taches de couleur, des traits appuyés, des inflexions, accordés à la compréhension de la forme.

Les champs de courses de Deauville et de Clairefontaine offrent des défis plastiques relevés par le peintre. Liés dans une chorégraphie insaisissable, le cheval et l’homme improvisent des figures dont la sagacité du regard d’André Hambourg nous offre toutes les surprenantes visions.

Au manège d’Honfleur, dans la Grande Carrière, cheval libre ou monté dressé, au concours hippique, à l’écurie ou en reprise, sont autant de moments jugulés picturalement avec une justesse stupéfiante. L’artiste dessine dans la couleur. Le trait épais ou bien effilé, il schématise, hachure par petites fractions de couleurs pour inscrire le mouvement, suggérer la fougue de l’animal.

Le cheval permet à André Hambourg d’exercer son sens de la plastique comme de la composition. Mais la peinture a toujours le dernier mot. Il aime cette saveur de la matière sensuelle, riche des lumières qui permettent le modelé, et la justesse chromatique détentrice de la plénitude expressive.

Comment ne pas être ébloui par la prestesse du dessin elliptique et l’éclat de la couleur dans des peintures qui sont traitées en esquisse et qui ont l’autorité d’une toile peinte, jusque dans leurs petites dimensions.