Les peintures à l'huile d'andré hambourg

Venise

André Hambourg a su donner de Venise une image vivante et directe, et exaltant l’air et le soleil et le mouvement. Avec la neige qui met des touffes blanches sur les palais, il nous a montré la ville emmitouflée, aussi bien qu’il nous l’a fait admirer dans la splendeur d’un beau temps radieux. Il sait exprimer aussi le mouvement de la ville endiablée avec ses promeneurs, ses cortèges, ses gondoles, toute une humanité frénétique évoquée par un spirituel pinceau.

André Warnod dans Le Figaro

André Warnod
André Warnod

En avril 1957, après un voyage dans l’Orient Express, André et Nicole Hambourg arrivent à Venise.

Tenté de mettre ses pas dans ceux de Marquet et de Dufy, qui descendaient au Bucentaure, l’artiste opte pour le Gabrielli, ancien palais sur le quai des Esclavons.

Hypnotisé, André tombe amoureux de la cité des Doges. Il y revient chaque année, comme à un rendez-vous auquel il ne faillit pas.

Il s’attache à des sites peu prisés par les artistes comme Torcello, San Francesco del Deserto, l’un des lieux les plus délaissés de la lagune.

La lecture de l’Altana ou la Vie Venitienne d’Henri de Régnier répond à son attente. Il illustrera l’ouvrage, qui paraît en 1959. 987 dessins pour un grand livre, accompagnent l’ouvrage qui est exposé à la galerie Drouant.

André Hambourg a réalisé un authentique travail de reporter sur les trois années passées à Venise entre 1957 et 1959 avec près de 1 500 dessins dont il a tiré plusieurs toiles, de grands dessins aboutis, et 78 culs-de-lampe pour la Vie Vénitienne.

1959 André Hambourg à Torcello
1959 André Hambourg à Torcello

En 1963, il est sur le De Grasse qui effectue une mission de Toulon à Venise. Il fait escale, non loin de la place Saint Marc où trois ans plus tôt alors qu’il séjourne à Venise, le croiseur Colbert est amarré, l’amiral Cabanier fait au peintre les honneurs du bâtiment de la Marine.

1969 André Hambourg peint sur les toits de Venise Hôtel Gabrielli
1969 André Hambourg peint sur les toits de Venise Hôtel Gabrielli

La Venise d’André Hambourg est dépoussiérée, alerte et débordante de vie. Ses scènes sont prestement enlevées dans une atmosphère légère, allègre, aérienne et vaporeuse. Sa Venise n’est pas celle de Barrès ni de Thomas Mann, elle rayonne.

C’est en poète que l’artiste nous transcrit la beauté fugitive, sans se soustraire à l’envoûtement, mais sans nostalgie et sans pittoresque. C’est à Venise qu’André Hambourg peint son ultime peinture en 1999.