Les peintures à l'huile d'andré Hambourg
Englesqueville-en-Auge
J’avais souhaité de longue date une maison avec un coucher de soleil sur la mer. Et c’est tout le contraire qui nous était proposé. Mais quand Nicole a vu les bâtiments, que nous avons mis longtemps à aménager, et le superbe dégagement que nous avions, au-delà des prés, sur le vallon et la forêt, elle a été conquise, comme je l’étais. Ce fut une période où j’ai cru que l’on pouvait accéder au bonheur
André Hambourg
A quelques kilomètres d’Honfleur, caché dans le Pays d’Auge, le hameau d’Englesqueville est un havre de paix où la peinture se conjugue au quotidien, en famille, au sein d’une nature champêtre et d’animaux en liberté.
C’est en 1962 qu’André et Nicole Hambourg achètent la ferme « La Thillaye » à Englesqueville-en-Auge. Des bâtiments de ferme qu’ils mettent des années à restaurer. Eden normand où s’écoulent des jours heureux.
Pour les Hambourg, une ferme exige la présence d’animaux. Très vite est créé un « lapinodrome » pour accueillir la basse-cour traditionnelle, rejointe par une chèvre puis d’autres biquettes et cabris. Biquouillou, Blanchette et son frère le bouc Thimotée figurent parmi les modèles facétieux et complices du peintre qui, émerveillé par les reflets du soleil jouant sur leur robe, reconduit des séances de pose impromptues.
Puis ce fut l’arrivée d’un troupeau d’oies, gardiennes tonitruantes et intraitables du domaine au point qu’il faudra réduire la colonie à trois oies, parmi lesquelles, Trompette, la plus perspicace, attachée au peintre qu’elle ne quitte pas.
Dans un ancien pressoir dont la vis monumentale occupe les deux étages, André Hambourg aménage ses ateliers où il travaille dans la quiétude de la campagne environnante. Ou bien, installé dans les champs en pente qui entourent La Thillaye et surplombent la vallée de la Touques, il peint sur le motif, multiplie les dessins, aquarelles, pastels et lavis qui ont fait connaître jusqu’aux États-Unis, ce bocage normand avec ces percées dans les arbres dégageant le clocher de la petite église d’Englesqueville.
Travaux des champs, pommiers en fleurs, massifs de cosmos, traite des vaches, chèvres et oies sous le soleil couchant, en hiver, au printemps, en été, des sujets familiers saisis dans l’instant de la première émotion.
Chaque toile est un poème, un hymne à la beauté simple. Un partage fusionnel entre le regard et le geste, l’expression et le motif dont André Hambourg nous dit la fragilité et l’éphémère impression de bonheur, à l’image de la vie, dont il revient à la peinture de nous transmettre la grâce d’une éternité.