Les peintures à l'huile d'andré hambourg

Honfleur

La lueur d’un orage

dans le ciel de Honfleur…

Et d’un coup de pinceau

André Hambourg a mis cet orage

en tableau

comme on met en bouteille un bateau

Michel Vaucaire, Poète 1951

André Hambourg sur le port de Honfleur
André Hambourg sur le port de Honfleur

L’été 1937 conduit André Hambourg à Honfleur. Le sait-il ? Le destin l’y attend.

Il peint ses premières marines, des vues du Vieux Bassin. Après la lumière franche du Maghreb, il découvre un ciel changeant et humide, des jeux atmosphériques sur l’estuaire de la Seine.

Sa palette est dans des tons mineurs en nuances subtiles de gris, de brun, de bleu et de vert. Il y retourne l’été suivant et peint d’autres vues de la Lieutenance, le phare et la digue à l’entrée du port et la vieille plage. Il reviendra dix ans plus tard. Années d’après-guerre solitaires et désemparées.

Son Avant-port d’Honfleur semble sorti des limbes. En 1948, de retour d’un voyage sur le Richelieu il séjourne à Honfleur. La vase dans le port, jour gris, Honfleur donne le ton d’une palette plombée, aux irisations cendrées et métalliques.

Il prend l’habitude de s’installer à proximité de l’estuaire, près du vieux phare en face d’une grande maison « Les Embruns » propriété du docteur Marcel Rachet. Ce dernier, grand amateur d’art, s’intéresse au jeune peintre qui dessine à la plume réhaussée de pastel. Il le retrouve devant son chevalet en compagnie de sa fille Nicole.

 

1951 André Hambourg devant la chapelle Notre dame de Grace à Honfleur
André Hambourg devant la chapelle Notre Dame de Grâce à Honfleur

En même temps que son goût pour la peinture se ravive, l’artiste réapprend le bonheur de vivre aux côtés de Nicole qu’il épouse en décembre.

Ses compositions s’ouvrent sur le large et le ciel accueille la lumière, forçant des nuages qui s’effilochent encore, dans un renversement de proportions faisant désormais la part belle à l’eau, miroir opalescent et piège aux reflets mouvants.

Le ciel va occuper les trois quarts de la surface de la toile, devenue le réceptacle du jeu des ombres et des lumières. Sa pratique du pastel a déclenché un geste rapide, et une touche légère.

Il expérimente les glacis et constate qu’il faut commencer par le foncé et finir par le clair. Les transparences font l’objet de toute son attention.

André Hambourg a trouvé son décor. La Lieutenance et son vieux bassin, le quai Saint-Etienne, le clocher de l’église Sainte-Catherine, la Côte de Grâce sont autant de propositions qui lui permettent de conquérir son langage. Désormais, il partage son temps entre Paris et Honfleur.

La lumière argentée l’enchante. Il allège sa matière, la facture devient lisse, sans perdre de sa densité. Il émaille la surface de touches alertes qui construisent son sujet renouvelé en toute saison. Ainsi ses rares vues de Honfleur sous la neige.