Les peintures à l'huile d'andré hambourg
Paris
André Hambourg a un nom de ville pleine de bateaux, de trafics et d’horizons. C’est le type qui peint la rue sans joie… Je suis l’amateur vierge et je ne sais pas encore si je comprends tout à fait Hambourg. Il a des tons métalliques et angoissants, pris au ruisseau, au zinc, à un macchabée bien faisandé, mais le mélodieux est atteint et l’important est sauf. Jusqu’où ira-t-il ? Il a vingt ans et la peinture dans la peau. Toutes les rues du monde ont la gueule des rues de Hambourg
Elisabeth Porquerolle 1928
C’est à Paris que naît en 1909 André Hambourg. Foyer des forces vives de l’art vivant, la capitale s’impose internationalement comme le berceau de la jeune peinture en ces premières années du XXe siècle où des peintres venus de tous les pays se retrouvent à Montmartre et à Montparnasse. Ils s’apprêtent à écrire un nouveau chapitre que l’histoire de l’art enregistrera sous le nom de l’Ecole de Paris.
Dans quelques années, il sera un de ses acteurs internationalement reconnu.
La vocation du jeune André est précoce et sera irréversible. Déjà il aiguise son regard lors de ses promenades dans les jardins du Luxembourg, accompagné de sa mère.
Ses premières vues de Paris sont puissamment construites dans des gammes sombres, des terres, des gris, des bleus et des verts réfléchissant une lumière métallique. Il peint ce qui lui est familier : la rue Lhomond, puis en rejoignant la Seine, la rue de Nevers dont l’étroite perspective fuyante renforce l’illusionnisme spatial.
Rues déserte. L’absence renvoie à une angoisse inexpliquée. Il n’a pas vingt ans. Sa peinture est âpre, nourrie, il pense par masse sans doute sous l’influence de son professeur aux Arts décoratifs, le sculpteur Niclausse. Mais cette façon de brosser généreusement par plans dans la matière picturale vient du peintre Favory dont il suit les cours à l’Académie Colarossi. Ayant rejoint l’école nationale des Beaux-Arts en 1927, il entre chez Lucien Simon, le peintre qui allie classicisme et liberté. Le chromatisme s’éclaircit. Quelques personnages apparaissent.
Celui qui fera plusieurs tours du monde avec la Marine Nationale, restera un parisien amoureux de la vie. Fidèle depuis ses début au jardin du Luxembourg, il reprend le thème du kiosque qu’il peint à plusieurs années d’intervalle jusque dans les années 1980. Il affectionne les grands panoramas qui lui permettent d’embrasser un espace comme l’esplanade des Invalides, le pont Alexandre III, la place des Vosges, le palais de la Cité. Il peint en symbiose avec son sujet, dessine dans la couleur et peint dans la lumière.
Son goût pour la nature le fait sortir de la capitale pour prendre les sites de Saint-Cloud, Montmorency, Moret sur Loing en 1967, Versailles avec ses grandes perspectives du grand canal en 1972. L’écriture est nerveuse, prompte à saisir le sujet pris dans les reflets lumineux, la touche se fragmente sous la pression de la lumière apparue avec la révélation de la nature et un détour par le pastel qui après la guerre le fait renouer avec la couleur.